La peur : un puissant ressenti de survie

La peur a toujours été présente dans l’évolution des êtres vivants, surtout les plus complexes. Pourquoi?

Parce que la peur est un ressenti indispensable pour les aider à rester en vie dans un environnement dangereux.

L’évolution biologique de l’être humain a, elle aussi, utilisé la peur comme outil de survie. Cependant, la pertinence de la peur dans l’évolution actuelle de l’Humanité peut être remise en cause.

 Pour les animaux dans la nature

Un animal dans la nature vit continuellement dans un environnement potentiellement dangereux. Il doit défendre son territoire, conserver son « harem », trouver de la nourriture et de l’eau, donc tenir compte de compétiteurs qui ont les mêmes priorités. Il lui faut donc gagner des combats ou réussir à fuir pour continuer à vivre, lui et son espèce. C’est la raison d’être de la peur.

Dans la nature, un être vivant qui n’a pas peur ne peut survivre

  • Quelques exemples

Une gazelle qui n’a pas la trouille d’une lionne affamée y laisse sa peau. Quant à la lionne, il vaut mieux qu’elle réussisse à tuer une gazelle si elle veut continuer à nourrir ses petits.

Loin de la savane africaine, un mulot de parterre doit sa survie à la peur de ce prédateur humain qui le pourchasse avec sa tondeuse à gazon.

  • Conséquences biologiques de la peur chez l’animal

Chez les mammifères, la peur active instantanément les régions corticale et médullaire des glandes surrénales afin de produire de grandes quantités d’adrénaline et de cortisol.

Ces deux hormones de stress sont requises pour assurer une puissance maximale aux muscles qui permettent de fuir un prédateur ou de sortir gagnant à l’attaque. Cet hyperfonctionnement des glandes surrénales procure, dans le moment présent, les meilleures conditions biologiques possibles pour continuer à survivre face à un danger mortel.

Cependant, en toute logique biologique, la raison d’être de ce dysfonctionnement surrénalien n’existe que parce que le danger est réellement présent.

En résumé, dans la nature,

1 : le dysfonctionnement des surrénales est nécessaire quand il existe un danger bien réel de mourir dans le moment présent

2 : par contre, continuer à avoir peur est inutile quand ce danger a disparu

Qu’en est-il pour les êtres humains?

Pendant des millénaires, les êtres humains ont vécu dans un environnement vraiment hostile. Avoir peur était donc essentiel à leur survie.

Puisque le corps humain fonctionne à la manière des mammifères, la peur occasionne le même hyperfonctionnement surrénalien mentionné plus haut, donc une production accrue des deux hormones de stress.

1:  Avoir  peur : est ce encore pertinent?

La plupart des êtres humains contemporains vivent dans un environnement qui garantit une protection physique adéquate du moins en ce qui concerne la survie. En effet, ils ne sont plus en compétition avec des prédateurs éventuels cherchant à partager la même caverne.

Pourtant, le ressenti de peur est encore très présent dans le quotidien humain.

Si la raison d’être ancestrale de la peur n’existe plus, comment se fait-il qu’elle continue à être encore aussi présente?

2: Danger imminent « non réel »;  peur réelle

Un être humain comprend :

  • une composante biologique
  • une composante mentale (les pensées)
  • une composante émotionnelle (les ressentis, notamment celui de la peur).

Il est capable, en principe, d’intégrer ces trois composantes pour qu’elles fonctionnent en équilibre. Cependant, il arrive très souvent que la peur prenne beaucoup de place, parfois trop. Et que la composante biologique en subisse les conséquences.

C’est que l’être humain ne vit pas toujours dans la réalité du moment présent. Pour deux raisons :

Une première raison :
  • une personne peut s’imaginer des situations (se « monter des scénarios ») qui suscitent la peur
  • une autre peut vivre dans la peur, virtuellement,  par exemple en utilisant des jeux vidéo ou en regardant des films ou des émissions de télévision, et réagir ainsi à des dangers qui n’ont aucune réalité matérielle.
Une deuxième raison:
  • une personne peut avoir peur parce qu’une situation actuelle lui rappelle un temps où elle a vécu un danger réel quand elle était très jeune, donc dans l’impossibilité de fuir ou de se défendre.
  • une autre peut conserver la mémoire de dangers réellement vécus par ses parents ou ses ancêtres.

Quelle que soit la raison, la peur génère un stress d’intensité variable et toujours associé au risque de mourir.

3: Le cerveau automatique « se fait avoir »

Le rôle du cerveau automatique est de maintenir le fonctionnement biologique en équilibre pour assurer au corps les meilleures conditions possibles pour continuer à rester en vie dans le moment présent.

Paradoxalement, le cerveau automatique des quatre personnes mentionnées en exemples prend pour acquis qu’un réel danger est présent parce que la peur est là. Et instantanément, il déclenche le fonctionnement biologique ancestral de réaction à la peur.

En fait, le cerveau automatique réagit comme si la survie du corps était réellement en péril uniquement parce que le ressenti de peur est présent. Quelle que soit l’origine de la peur.

Pour le cerveau automatique, peur = survie en danger

4: Que faire pour corriger la situation?

Se fier sur le cerveau automatique? Non. Plutôt sur la région fronto-latérale du cerveau humain, le site du cerveau conscient.

Cette région possède une grande puissance d’analyse et c’est elle qui arrive à déterminer si la peur est associée ou pas à un réel danger mettant en péril la survie du corps.

Et c’est elle aussi qui peut trouver des solutions « conscientes » visant à réduire le niveau de peur :

  • en tentant de comprendre pourquoi et comment la peur est présente
  • en demandant de l’aide
  • en trouvant des solutions concrètes
  • en évitant ainsi de recourir aux solutions biologiques déclenchées par le cerveau automatique.

Ce processus de conscientisation peut être laborieux. Mais il peut aussi donner d’excellents résultats en termes de mieux-être.

Vivre dans la peur amène des conséquences

Plusieurs désagréments peuvent découler de la peur :

  • la peur s’accompagne généralement d’une sensation persistante de mal-être, d’inquiétude pouvant aller jusqu’à l’anxiété et la panique.
  • « Mourir de peur » est plus qu’une expression populaire. Il arrive que ce dont on a peur finisse par se matérialiser. Par exemple, une personne qui, depuis longtemps, a la hantise du cancer peut en arriver à développer cette maladie.
  • vivre dans la peur en permanence, avec ses répercussions sur le fonctionnement des surrénales, des muscles et du coeur, finit inévitablement par déclencher une sensation de fatigue pouvant devenir constante. De plus, un taux élevé de cortisol diminue, à long terme, le fonctionnement du système immunitaire.
  • enfin, la peur peut être utilisée, de façon plus ou moins subtile, par les religions, les gouvernements, les médias pour installer des croyances et des comportements dans la population. Par exemple, la peur générée par le terrorisme politico-religieux, les crises financières, les pandémies prédites, l’incidence annoncée de maladies, les annonces de diverses pénuries, etc.

« Avoir peur dans la vie est normal, mais comment vous affrontez vos peurs est votre responsabilité » Patrick Leroux 

Prière de faire référence au site internet www.grpformation.com pour toute utilisation de ce matériel.

Mars 2014

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